venerdì 13 dicembre 2013

HOMMAGE A COSTANZO PREVE

 

 Yves Branca   


Les funérailles de Costanzo Preve ont été célébrées le jeudi 28 novembre, à 10 heures, dans l’église paroissiale de la Bienheureuse Vierge des Grâces de Turin, Corso Einaudi, selon le rite orthodoxe grec, comme il l’avait demandé.

Le 30 novembre, Eugenio Orso m’a écrit :

« C’est une perte irrémédiable pour le monde de l’anticapitalisme, de l’éthique communautaire, et pour le monde de la philosophie, et non seulement de la philosophie sociale.
J’ai une dette inépuisable à son égard, et dont je ne pourrai jamais m’acquitter, pour tout ce que Costanzo m’a enseigné dans les années où je l’ai connu. A lui s’applique ce qu’a dit Bernard de Chartres, au XIIe siècle :
 « ….nos esse quasi nanos, gigantium humeris insidentes, ut possimus plura eis et remotiora videre, non utique proprii visus acumine, aut eminentia corporis, sed quia in altum subvenimur et extollimur magnitudine gigantea. » (…que nous sommes comme des nains juchés sur les épaules de géants |[les Anciens], de telle sorte que nous puissions voir plus de choses et de plus éloignées que n’en voyaient ces derniers. Et cela, non point parce que notre vue serait puissante ou notre taille avantageuse, mais parce que nous sommes portés et exhaussés par la haute stature de ces géants.)
Les quelques-uns qui comme nous, en Italie, ont eu le privilège d’avoir un tel Maître, d’avoir joui du trésor inestimable de ses enseignements, savent bien comme, juché sur les épaules des géants, on peut regarder plus avant, et apercevoir dans les lointains des temps nouveaux, et une nouvelle société humaine. ….. »
Pendant une trop courte semaine d’avril 2010, j’ai eu l’honneur d’être en quelque sorte la canne de Costanzo Preve à Paris, lors de son dernier voyage en ce monde. Je dis « sa canne », tout simplement parce qu’il ne pouvait déjà presque plus marcher sans aide.
Nous avions déjà correspondu par lettres, et je l’avais traduit ; j’ai continué, mais après cette semaine de 2010, et jusqu’à la fin, nous nous appelions au téléphone, en moyenne, deux ou trois fois par mois.
Je peux donc m’associer entièrement et fraternellement à ce que m’a écrit Eugenio Orso. Ses paroles, je me permets de les faire miennes.
Adieu, cher Costanzo .